Il ne fait pas trop froid ce vendredi matin, du moins on s'attendait à pire. Dernières vérifications avant de partir : cartes FUAJ, carnet de chèques, carte bleue, papiers d'identité... Tout est bon, alors on peut y aller. Il est 7 heures quand nous quittons la capitale du Haut-Doubs. Direction la capitale du Jura Sud. Et malgré l'omniprésence des vendeurs de muguet, c'est bien la première année que mon cher et tendre ne m'offrira pas les belles petites clochettes blanches du 1er mai. Tant pis...
Il est 8 h 05 quand nous arrivons chez JP, et pour une fois, nous sommes les derniers, ce que nos compagnons de route ne se lassent pas de nous faire remarquer. Après un bon café, voire 2, quelques viennoiseries, un trafic de bagages entre Papouille et Valek, nous quittons le Jura à 8 h 45.
Direction Pont de Vaux. Arrivés à Cluny, Jack n'a pas voulu écouter son GPS, et nous voici partis dans une mauvaise direction. Arrêt d'urgence avant d'arriver à Charolles, pour que Valek puisse satisfaire une envie pressante. (et après on dit des filles, pfffffffffff !!!) Ensuite nous tournons et retournons autour de Lapalisse : comme nous n'avons pas suivi le chemin prévu, et donc pas pris le point de passage défini, le GPS n'est pas content, et nous fait tourner sur des routes de plus en plus escarpées, étroites, et même sans revêtement. En fait, il suffit d'annuler le point de passage, pour qu'il recalcule un nouvel itinéraire : encore fallait-il le savoir.
Heureusement que Texas est là pour nous donner cette info. Donc après avoir perdu pas mal de temps nous reprenons le cours normal de notre voyage en direction de Thiers par une petite route bien sympathique, un peu chaotique cependant. Et en arrivant à Thiers, juste devant nous, un belvédère qui se prête fort bien à l'arrêt casse-croûte.
Petite pause au café du coin, et nous pouvons reprendre nos pérégrinations : Billom, Coudes, Champeix, Besse... On quitte la plaine, l'air est beaucoup plus froid, on sent la proximité des sommets enneigés. On aurait pu s'arrêter pour faire des photos : des champs de jonquilles au pied des sommets blancs, c'était vraiment beau. Mais pour l'instant notre préoccupation se porte sur les pompes à essence : il devient urgent d'en trouver une ; malheureusement en ce jour férié, peu sont ouvertes. Il faudra donc descendre sur la Bourboule pour espérer trouver une pompe 24 h/ 24. Et c'est vraiment tout tranquilou que nous atteignons la station thermale. Jack fait le plein : 18,04 l dans un réservoir de 18 l, je n'ai pas besoin de vous dire que cela relève du miracle que nous ayons échappé à la panne d'essence. Texas reçoit un appel et doit malheureusement nous quitter : il doit rentrer rapidement. Il est déjà 16 heures, ça va être chaud d'être à l'auberge de jeunesse à 18 h. Bort les Orgues, Mauriac, Laroquebrou, Figeac : que de beaux paysages qu'on aurait aimé admirer plus attentivement, mais hélas le manque de temps fait que...
A Figeac, nous réussissons à joindre Christo sur son portable : en fait elle est également présente dans la ville : on se retrouve donc à la station, et faisons ensemble les derniers km. Nous arrivons à l'auberge à 20 heures, avec 2 heures de retard sur l'horaire prévu, mais cela ne semble pas affoler le responsable : après avoir déposé nos valises et constater pour notre part les dégâts (l'installation bricolée par Jack n'a pas résisté à la chaleur du pot, et notre pauvre sacoche cavalière est en piteux état, tout comme le pot d'ailleurs), nous repartons chez Christo où nous attend un bon petit repas. Et nous rentrons vers minuit pour prendre un peu de repos bien mérité. Rendez-vous demain matin à 9 heures pour le petit déj.
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7 h 30 samedi matin, on se réveille. On a largement le temps, le rendez-vous est à 9 heures. 8 h 30, on est en bas, dans le hall : on attend nos compagnons pour aller prendre un bon petit déj. 8 h 45, Jack et sa légendaire patience : il commence sérieusement à trépigner. 8 h 58 : envoi d'un SMS à Rono. Enfin ils arrivent. Il semble que le lever à été difficile dans la chambre 52. Direction le café sur la place. Après un bon petit déj qui durera quand même 1 heure (mais non, je ne dis pas qu'on a mangé pendant 1 heure), petit coup de fil à Christo qui ne pourra pas se joindre à nous ce matin, mais qui nous attend quand même pour le déjeuner. Bon en attendant midi, on va rouler un peu par ci par là. Mais bientôt le portable sonne à nouveau : un empêchement de dernière minute, on retrouvera Christo ce soir pour le diner : quel dommage, elle ne vient pas rouler avec nous. Qu'à cela ne tienne, on va visiter la région tranquillos. Direction le château de Bruniquel, lieu de tournage du film le vieux fusil avec Romy Schneider. Les premiers km sont pénibles : interminable ligne droite soporifique. Le soleil a mis du temps à arriver, mais maintenant on sent bien sa présence : il fait doux, presque chaud : les glycines et les lilas embaument, les oiseaux chantent, que demander de plus.
Après une visite rapide des lieux (c'est vraiment tout petit), on décide de pique-niquer sur la place, non loin du café : on sait combien le café de midi est important. Cette fois il fait chaud, et le top case commence à se remplir de vêtements chauds. Etonnant non !
Direction Cordes sur Ciel par de bien belles petites routes. On croise quand même peu de motards sur les routes secondaires, pourtant elles sont géniales. Arrivés à Cordes, on quitte vite les blousons, car maintenant il fait très chaud. Les garçons semblent peu décidés à faire du tourisme. Je décide de partir seule faire des photos, en fait je pensais en avoir pour peu de temps. Mais j'avais sous-estimé la grimpette qui m'attendait, et atteindre le sommet de la ville se montra plus long que prévu. Mais quel bonheur d'arpenter ses vieilles ruelles : quelles histoires pourraient nous conter ces pavés, ces murs, ces colombages qui n'ont plus d'âge. Tout attire mon regard. Et ça grimpe toujours... enfin la vieille ville, mais avec plein de choses à voir. J'ai peur que les garçons ne trouvent le temps long, et à contre c½ur je rebrousse chemin. Quand je reviens aux motos, ils ne sont pas le moins du monde inquiets ni agacés par mon absence : en fait j'aurais pu rester plus longtemps. Mais bon, je ne vais pas y retourner. Et là mauvaise nouvelle de mon pilote :
- « ah au fait j'ai une mauvaise nouvelle, il n'y a pas que le pneu avant qu'il faudra changer à notre retour, l'arrière est mort »
- « Comment ça mort. On vient juste de la changer. 3000 bornes, c'est un vrai ruine budget cette bécane ». Mais on peut rentrer sans problème ?
- « ben ça va être dur ! »
Super. On va donc économiser le pneu. Heureusement qu'on n'avait pas prévu de trop rouler cette aprem. Nos roues nous conduisent cette fois dans les gorges de l'Aveyron et le village de Najac.
Qu'ils sont beaux tous ces villages, quelle douceur, quelle tranquillité. Petit arrêt ravitaillement (pilotes et machines). Et déjà l'heure d'aller diner. Nous retournons chez Christo où un délicieux repas nous attend. On est bien sur cette terrasse, mais hélas les portes ferment à 23 heures et si on ne veut se prendre la tête avec le veilleur de nuit pour rentrer les motos dans la cour, il vaut mieux y aller. Un grand merci à Christo pour son accueil. Dommage que nous n'ayons pas pu rouler ensemble. Il est 22 h 55 quand nous arrivons à l'auberge. Bonne nuit les amis, demain une longue route nous attend.
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Réveil à 6 h 30 ce dimanche. Tiens tout le monde a pu se lever sans problèmes. La journée va être longue, autant commencer par un bon petit dej. Hélas, les cafés sont fermés. Tant pis on s'arrêtera en cours de route. Il fait frais, mais le temps devrait vite tourner au chaud. On reprend cette ligne droite interminable. Et comme on n'a pas pris de café, je crains la somnolence chez mon pilote. Il faudra aller jusqu'à Caylus pour trouver enfin un bar ouvert. Après un bon café on repart sur Rodez : ravitaillement des bécanes. Ils m'inquiètent tous à venir scruter l'état du pneu arrière. La remontée va être délicate jusqu'à Pontarlier, pourvu qu'il ne pleuve pas. Direction Espalion, Laguiole... Quand je pense que Jack attendait avec impatience cette route qu'il affectionne tant et qu'il ne peut même pas s'en donner à c½ur joie. Et c'est avec beaucoup de tristesse et de retenue (car ce n'est pas facile pour lui) qu'il laisse filer Valek, Rono et Papouille dans ces enchainements chers à son c½ur. A Laguiole, on sent bien qu'on est monté en altitude : 6 degrés en moins, et toujours ce vent qui donne une impression de froid. Petite photo souvenir devant le taureau.
Et nous poursuivons notre route vers Chaudes-Aigues (Lenny, Momo, Fumi et les autres, vous vous souvenez ! Ah sacrée Tortue 2005), Lanau et le Belvédère, St Flour, la Chapelle Laurent. Il est midi, les gars ont faim, on s'arrête dans un petit resto qui ne paye pas de mine. Mais le repas est copieux et les prix plus que raisonnables, bonne adresse. On reprend notre route en direction de Brioude, la Chaise Dieu, Ambert, Montbrison. Nos compagnons nous abandonnent et vont s'amuser dans les virages alors que nous montons sur un rythme tranquille. Ce fut très dur pour Jack, d'ailleurs un moment il a mis de côté ses bonnes résolutions ; mais la réalité l'a vite rattrapé : arsouiller avec des pneus mort, ce n'est pas le top. Restons prudent. Feurs, Tarare et sa surpopulation de motards en tout genre, dont bon nombre de kékés et de MIB. Il fait chaud, il fait soif, malheureusement il devient de plus en plus difficile de trouver un troquet ouvert le dimanche après-midi. Enfin il ne faut pas désespérer, tout arrive. Puis Bourg en Bresse, Cuiseaux, où nous laissons JP et Papouille, Lons le Saunier où nous quittons Rono et Valek avant de regagner nos montagnes. Voila encore une bien belle virée, de beaux paysages, de belles routes, de bonnes rigolades.
Contente d'avoir fait la connaissance de Christo.
Bilan du week-end : 2 pneus à changer, une valise détruite, la Stelvio n'est pas une bécane des plus économiques. Mais nous avons pu arriver à bon port, c'est déjà ça.